Sébastien Bourdais : « Une course très particulière ! »

Le pilote sarthois raconte ces 24 Heures du Mans pas comme les autres, dont il s’apprête à prendre le départ au volant de la Ferrari Risi (LM GTE Pro), samedi 19 septembre.
Sébastien Bourdais

Sébastien, comment vous sentez-vous avant votre 14ème participation aux 24 Heures du Mans ?

Je me sens plutôt bien. Je suis arrivé dimanche des États-Unis. J’aurais aimé que ma femme et mes enfants m’accompagnent mais l’école a repris. D’habitude, en juin, ils sont avec moi.

Comment avez-vous vécu cette saison interrompue par la pandémie ?

Les saisons d’IMSA (championnat nord-américain d’endurance) et d’IndyCar (championnat nord-américain de monoplace) ont repris début juillet. Depuis, on rattrape les courses qui ont été annulées. C’est assez intense ! Sans public, ça donne une saison extrêmement bizarre…

Après trois participations avec Ford, vous allez courir ces 24 Heures avec la team Ferrari Risi. Comment s’est créé ce projet ?

Cela s’est mis en place après les 24 Heures de Daytona, en février, avec un coup de téléphone de Giuseppe Risi. Ensuite, on a attendu de savoir si les 24 Heures auraient lieu ! Finalement, ce sera à huis clos. C’est toujours difficile car le succès de cet événement est centré sur le public. La course automobile est un sport d’animation, de spectacle. On fait contre mauvaise fortune bon cœur mais on va tout faire pour être performant ! 

Comment se passe la préparation ?

Le planning arrive au compte-gouttes. On commence par travailler l’installation des pilotes, pour trouver une base commune, gérer les différences de gabarit. On a également une réunion avec l’ingénieur avec qui je n’avais jamais travaillé. Pour la voiture, ça reste une GT LM, comme la Ford, donc je ne suis pas inquiet, c’est un peu les même repères. La journée de jeudi s’annonce chargée, on roule de 10 heures à minuit. Le vendredi, ça roule un peu moins mais il va y avoir beaucoup de boulot par rapport à un vendredi ordinaire d’avant 24 Heures, où on essaye de se reposer.

Quelles sont vos ambitions ?

Être dans le coup et se battre pour quelque chose. Parmi mes deux équipiers, je connais un peu Olivier Pla. Jules Gounon, je ne le connais pas mais c’est un pilote Bentley donc je pense qu’on a un bon équipage !

Malgré le contexte, courir au Mans, c’est tout de même spécial ?

Bien sûr, Le Mans pour moi, c’est quelque chose de vraiment particulier ! C’est l’une des 2 fois dans l’année où je rentre en France. Nos deux familles sont toujours en Sarthe. Les 24 Heures permettent de communier avec ceux qui m’ont soutenu toute ma carrière !

On a récemment beaucoup parlé de la FFSA Academy avec Pierre Gasly. Vous êtes également passé par ce centre de formation sarthois…

À l’époque, sans la filière Elf (son nom de l’époque), c’était impossible de faire carrière. J’ai été le premier de la filière à gagner le championnat de France de Formule 3 en 1999. J’ai passé 5 ans à la filière puis 3 ans en Formule 3000. Dans ma promotion, il y avait Benoît Tréluyer (3 victoires aux 24 Heures du Mans), Romain Dumas (2 victoires)… Ce concept a offert des opportunités extraordinaires à des gamins comme moi !

Le Conseil départemental, partenaire de votre écurie cette année, vous a également soutenu…

J’ai effectivement la chance d’avoir bénéficié de l’aide du Département lorsque j’ai démarré. Je reste attaché à mes racines sarthoises et je n’oublie personne !

Sébastien Bourdais en bref

LA FERRARI RISI PILOTÉE PAR S. BOURDAIS