Tahar Ben Jelloun, histoire d’amour et fait de société

Salle comble pour la Voix au Chapitre consacrée à l'auteur Tahar Ben Jelloun venu présenter son dernier ouvrage « Le Mariage de plaisir ».
Tahar Ben Jelloun à la Voix au Chapitre

Une fois n’est pas coutume, c’est devant un dortoir des Moines affichant complet que l’écrivain Tahar Ben Jelloun est venu présenter son dernier livre, en présence de Dominique Aubin, conseillère départementale, à l’occasion du cycle de conférences « La Voix au Chapitre », organisé par le Département. Né à Fès le 1er décembre 1944, Tahar Ben Jelloun, après avoir fréquenté le lycée français de Tanger et étudié la philosophie à Rabat, a d’abord commencé par enseigner au Maroc avant de s’installer en France en 1971. Marié et père de quatre enfants, il est l’auteur de nombreux essais et a été distingué notamment du Prix Goncourt. Après avoir rencontré un vif succès avec l’ouvrage « Le Racisme expliqué à ma fille », paru en 1997, il revient à cette thématique plusieurs décennies plus tard dans son nouveau livre « Le Mariage de plaisir ».

Qu’est-ce qu’un « mariage de plaisir » ?

« C’est un contrat de mariage à durée limitée, autorisé par l’islam aux croyants partant pour un long voyage. Pour ne pas être tenté d’aller voir les prostituées, le voyageur contracte un mariage temporaire avec une femme honorable, lui donne une dot. Au terme du contrat, le mariage se termine d’un commun accord, et le voyageur retrouve sa femme légitime. La coutume existait du temps du Prophète, elle est encore pratiquée par les Chiites. » explique l’écrivain devant une assemblée captivée.

C’est dans ces conditions qu’Amir, le héros du livre de Tahar Ben Jelloun, un commerçant prospère de Fès, épouse temporairement Nabou, une Peule de Dakar, où il vient s’approvisionner chaque année en marchandises. Mais voilà qu’Amir se découvre amoureux de Nabou et lui propose de la ramener à Fès avec lui. Nabou accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L’un blanc, l’autre noir. Elle doit affronter dès lors la terrible jalousie de la première épouse blanche et le racisme quotidien. Tout au long de la conférence, Tahar Ben Jelloun a donc abordé cette thématique encore une fois avec brio, en distillant des anecdotes avec humour, profondeur et sincérité.

Une histoire d’amour en filigrane d’un fait de société, où l’on réalise que le racisme toujours d’actualité « Oui, parce que le racisme est cruel, il est partout, personne n’y échappe. » énonce l’auteur.