ZoomLes Terres cuites du Maine sont le premier volet de l’opération « Patrimoine à la carte », en complément de Terre et ciel, exposition présentant en 2003 à l’abbaye de l’Epau une centaine d’oeuvres.
Les premiers circuits de découvertes présentent in situ des statues situées dans vingt-huit églises sarthoises. La connaissance de ce patrimoine s’appuie sur une importante recherche scientifique menée depuis dix ans par le service de l’Inventaire général des Pays de la Loire, en collaboration avec la conservation des Monuments historiques des Pays de la Loire, le Musée du Louvre et les musées du Mans.
Ce travail d’enquête a permis de recenser un millier de sculptures en terre cuite des XVIe et XVIIe siècles disséminées dans plusieurs centaines d’églises de la Sarthe, de la Mayenne et des départements voisins.
ZoomAux XVIe et XVIIe siècles, le Mans et sa région ont développé un important foyer de création de sculptures en terre cuite. Le renouveau de la dévotion, les grandes commandes qui ont suivi les guerres de Religion et l’abondance, dans le Maine, d’un matériau à grande plasticité, l’argile, ont favorisé l’éclosion de cet art original dominé par un souci d’élégance qui puise ses racines dans l’art de la Renaissance et le maniérisme. Les grands ateliers spécialisés dans la technique de la terre cuite apparaissent à la fin du XVIe siècle sous l’impulsion d’artistes qui appartiennent à des dynasties de sculpteurs souvent unis entre eux par des liens familiaux, d’où des similitudes stylistiques chez Dionise, les Delabarre, Hoyau ou les Prehoust. Au gré des commandes, les plus talentueux sont amenés à intervenir loin de leur base : en Anjou, Touraine, Bretagne, Poitou ou à Paris, comme Pierre Biardeau.
ZoomPendant deux siècles les sculpteurs de la région du Maine sont demeurés les spécialistes de ces figures en ronde-bosse ou en relief de toute taille, depuis le grand format pour les retables jusqu’à la délicate statuette pour la dévotion privée. Modelées dans la terre blanche, rosée ou rouge, les statues étaient évidées avant la cuisson puis peintes au naturel ou recouvertes d’un “ blanc poli ”, rehaussé parfois d’or et d’argent. La polychromie jouait un rôle essentiel. Une ambitieuse campagne de restauration menée depuis plusieurs années a permis de retrouver, sous des repeints, quelques rares polychromies d’origine comme dans la remarquable Sainte Cécile à l’orgue de Charles Hoyau qui a pu ainsi retrouver sa signification première.
