Groupe de la Majorité Départementale - Droite, Centre et Indépendants

Tribune avril 2018

 

Réduction de la vitesse à 80 km/h, il faut raison garder !

Le Premier ministre a fait le choix de se rendre dans notre Département pour confirmer la décision du gouvernement de réduire d’autorité de 90 à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur toutes les routes à double sens ne comportant pas de séparateur central. 

Si, comme l’ensemble des Français, nous sommes particulièrement attachés à la lutte contre la violence routière, et si l’on ne peut être que touchés par les images de ces vies brisées par les accidents de la route mises en avant par le Premier ministre lors de son déplacement à « L’Arche », nous estimons cependant que ce problème est trop grave pour se laisser aller à la dictature de l’émotion, mais au contraire qu’il faut raison garder au moment de prendre des mesures aux conséquences importantes. 

Le gouvernement semble en effet vouloir répondre à la multiplication des comportements dangereux au volant ou le danger provoqué par la conduite à une vitesse excessive – qui  constituent les principales sources d’accident et doivent être à ce titre combattus avec la plus grande rigueur – par des mesures qui, loin d’apporter une solution à ces problématiques, vont  avant tout contribuer à pénaliser  les « bons » conducteurs respectant la vitesse réglementaire sur  les routes secondaires. En effet, les routes à double sens et sans séparateur central – qui  seront toutes et sans exception touchées par le projet gouvernemental – sont celles qui permettent les dessertes locales de la quasi-totalité des territoires de notre pays, notamment en zone rurale. 

Ainsi, la mesure annoncée par le gouvernement impactera en priorité les habitants dont la voiture constitue le seul moyen de transport de proximité, avec des conséquences non négligeables : les Sarthois savent qu’à la fin de la journée – et plus encore à la fin de l’année – les « quelques minutes perdues par jour » annoncées par le gouvernement représenteront des pans entiers de leur vie quotidienne, les obligeant parfois à réviser totalement leur emploi du temps familial. Par ailleurs, la décision du gouvernement se heurte également au principe de  réalité : les grands axes du réseau routier départemental, aux chaussées larges, offrent objectivement plus de garanties en termes de sécurité que les routes secondaires. 

Or, l’application  généralisée et indifférenciée de cette nouvelle règle touchera l’ensemble du réseau, sans tenir compte ni de l’état des routes, ni de leur entretien, ni du trafic, ni des retours d’expérience des  forces de l’ordre ou des services techniques du Département qui connaissent pourtant parfaitement le terrain : la Gendarmerie nationale a d’ailleurs reconnu l’excellent état des routes  départementales de la Sarthe. 

Enfin, cette méconnaissance du terrain et la mise en œuvre « à l’aveugle » d’une mesure prise à l’échelle nationale sans tenir compte des spécificités locales pourrait être contre-productive en termes de sécurité, notamment en termes de différentiels de vitesse entre les véhicules légers et les poids lourds ou encore s’agissant des dépassements. C’est en ce sens que nous  réitérons l’appel du Conseil départemental visant à exclure de l’application de cette mesure les routes du réseau structurant – les « routes principales » – du département et à une mise en application concertée de cette mesure entre l’État et les collectivités locales sur les autres axes.

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