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ZoomDu graphisme et de l’affiche de cinéma
De nombreux graphistes s’y sont risqués, quelques uns y ont réussi, qui bien souvent s’y consacrent à plein temps. On pourrait dire qu’ils sont plus amoureux du cinéma que du graphisme et on peut les comprendre. L’affiche de cinéma est devenue une spécialité à part entière avec ses codes, ses contraintes, ses habitudes, ses circuits de fonctionnement, ses amateurs, ses collectionneurs et ses graphistes.
Le premier critère pour juger d’une affiche de cinéma c’est qu’elle ne puisse être, en aucune façon, une affiche d’autre chose, elle n’a pas besoin de raconter le film, mais on ne doit pas se tromper, elle parle d’un film. À tel point que des banques utilisent parfois ces codes pour vendre leurs produits financiers.
ZoomEt c’est ce qui rend l’innovation difficile. Les enjeux sont importants, car même si ce n’est pas l’affiche qui va faire rentrer les spectateurs dans la salle, elle est la première image diffusée publiquement d’un film, sur lequel une équipe travaille depuis parfois plusieurs années. Pour faire cette affiche, il faut donc voir un film généralement pas fini et faire UNE IMAGE (de ces 117 600 images pour la moyenne d’un film moyen d’1h30) sur laquelle le producteur et le réalisateur, dont les enjeux sont, généralement, diamétralement opposés, vont devoir se mettre d’accord après vous avoir demandé dix nouvelles versions pour demain et "en rouge est-ce que ce serait pas mieux ?"
Les quelques affiches que nous avons conçues concernent effectivement des films avec de moindres enjeux commerciaux et donc une plus grande liberté. Elles nous ont été commandées par un ami proche, devenu distributeur puis producteur, et bien connu au Mans pour avoir autrefois géré le “Ciné-Poche” du centre Jacques Prévert. Avec lui, nous avions déjà travaillé pour des cycles et autres “festivals” de cinéma en des temps héroïques. Ces affiches des temps forts du cinéma associatif manceau, nous les avons bien souvent imprimées nous-mêmes dans l’atelier de sérigraphie du sous-sol de la MJC. Une forte complicité et un même amour du cinéma et des images nous unissaient, il fallait absolument convaincre les spectateurs de venir voir les films.
Notre production pour le cinématographe est donc, pour ces quelques raisons, très limitée et nous nous contentons maintenant de voir les films finis pour le plaisir et surtout sans se poser la question d’en faire “l’image” promotionnelle.
S. et J. Jupin, graphistes
Fiche technique :
15 panneaux
